Le schéma narratif

L’explication du schéma narratif concerne tout particulièrement les plus jeunes d’entre nous (et pourquoi pas quelques écrivains débutants plus âgés) alors, ne vous offusquez pas pour le style décontracté et le côté « nunuche » de la petite histoire prise en exemple.

L’objectif est de fournir une aide à ceux qui pensent en avoir besoin, mais elle n’a aucunement la prétention d’être un cours magistral du fait que je suis un simple romancier amateur.

Au cours de cette mini étude, nous allons décortiquer la structure d’un roman en faisant une approche un peu différente de celle que vous avez certainement eu l’occasion de lire, tout au moins en ce qui concerne la forme.
Nous  détaillerons les différents éléments en s’appuyant sur une petite histoire tout en donnant les précisions nécessaires au fur et à mesure.

Je vous propose de commencer d’une manière simple, simpliste même. Je m’en excuse pour ceux qui ont déjà une expérience d’écrivain ou un niveau rédactionnel correct, mais je tiens à partir du tout début pour ceux que ça pourrait aider.
Je vais présenter d’une façon très succincte le schéma d’une rédaction, comme nous en faisions à l’école primaire.

Afin que le lecteur s’y retrouve, le récit se décline en trois parties, hormis le titre.
Eh oui, c’est une évidence, mais, je tenais à le rappeler, même pour un texte aussi court, une structure est nécessaire.

1) L’introduction

Comme son nom l’indique, on introduit le sujet, on informe le lecteur sur ce qui va suivre.

2) Le développement

C’est le corps de la rédaction, on raconte notre histoire en respectant la chronologie des évènements.

3) La conclusion

C’est le dénouement plus ou moins heureux de l’histoire. On termine la rédaction.

Ça rappelle quelques souvenirs non ?
Le tout tenait sur une feuille, deux pour les plus inspirés. Ce qui allait vite à lire.

Notre roman, quant-à lui, va facilement compter deux cents pages, voir plus. On comprend donc aisément qu’il sera absolument indispensable de le structurer, mais, aussi que des difficultés supplémentaires vont apparaître.
Il faudra une organisation adaptée pour que notre lecteur s’y retrouve (et nous aussi) de plus, nous devrons éviter de faire des bourdes monumentales. Entre le début et la fin de l’histoire il va se  passer plusieurs mois de rédaction. Il y a des détails que nous aurons certainement oubliés et en se laissant porter par notre imagination, au fil du récit les incohérences risquent d’aller bon train (nous en reparlerons)
Comme pour la feuille de rédaction, un roman à aussi une structure appelée : schéma narratif. Il se décline en cinq parties :

1) La situation initiale

On plante le décor

On présente le début de l’histoire, nos personnages, comment ils vivent, ce qu’ils font, etc.
Je me souviens des anciens programmes de télévision (à l’époque où il n’existait qu’une seule chaine en noir et blanc, snif) Chaque film était présenté par un encadré indiquant deux choses :

l’époque et le lieu

exemple : De nos jours, en Écosse.

l’histoire

exemple : John et sa copine décident de passer une journée à pêcher sur « le loch Ness ».

Nous pouvons résumer cette situation initiale par : qui ? (personnage), quoi ? (début de l’histoire), où ? (lieu), quand ? ( l’époque).
J’ai écrit l’exemple sur une ligne, mais il faudra remplir un chapitre, voir plus, ça dépendra de votre histoire et bien sûr il ne faudra pas de « blabla » dépourvu d’intérêt.

2) L’élément perturbateur

Toujours sur les anciens programmes figurait un paragraphe intitulé : Si vous avez manqué le début.
exemple : Alors que John et sa copine arrivent au milieu du lac au moyen de leur frêle embarcation, le monstre du loch Ness surgit des flots, menaçant John et sa copine de les manger.

Qui peut se résumer par : problème, évènement, action qui bouleverse la situation initiale.

3) Les péripéties

ex : John tente de négociations avec le monstre du loc Ness, il menace Nessy de l’attraper avec son épuisette s’il ne s’en va pas de suite (Nessy ne se laisse pas impressionner)
John essai en vain de chatouiller Nessy  (Nessy n’est pas chatouilleux)

Qui peut se résumer par :  Suite d’actions menées par le personnage pour résoudre le problème (sans succès)

Maintenant que nous somme au cœur de l’histoire, nous allons créer :

Une rupture  (un autre chapitre)

Jack vient en aide à John et sa copine.
Jack habite le lac et a un compte à régler avec Nessy qui mange toute l’amorce utilisée pour la pêche au gardon.
Jack démarre son bateau pour prêter main forte à nos héros. Le monstre refait surface  à proximité de l’esquif de Jack, soulevant une vague qui fait chavirer celle-ci, le contraignant à rentrer à la nage.

Nouvelle rupture  (Encore un chapitre)

John et sa copine seuls contre Nessy.

Leur barque prend l’eau. Après plusieurs tentatives infructueuses pour repousser le monstre, la situation devient très improbable pour John et sa copine.

Bien sûr cette partie comprend plusieurs chapitres. (des changements de scène) Chacun peut être comparé à une petite histoire dans laquelle un problème est résolu partiellement ou totalement et où un autre apparaît.

4) Résolution

Alors que tout semble perdu, John raconte à Nessy une histoire drôle. Celui-ci éclate de rire.
Le problème est résolu : Nessy n’est plus une menace puisqu’il vient d’éclater (bien fait, sale bête !)

La situation finale

C’est le retour à la stabilité.
Après toutes les difficultés rencontrées précédemment, il faut rétablir la situation : John et sa copine se marièrent, vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants.
Donner une explication si besoin : ici ce n’est pas nécessaire.
On pourra envisager de laisser entrevoir une suite : La terrible vengeance du fils de Nessy.


Quelques petites choses  bonnes à savoir sur :

Les personnages  (qui est qui ?)

Le héros

Pas de commentaire c’est John.

L’adjuvant

(et non pas l’adjudant) C’est celui ou ceux qui aident le héros, la copine de John, Jack.

L’opposant

Celui qui vient empêcher le héros d’accomplir sa mission (une partie de pêche tranquille) Nessy.


Au début de la présentation du schéma narratif, j’avais fait allusion aux risques d’incohérence, il y en a de toutes sortes et nous allons en voir quelques uns, mais les personnages méritent que nous nous attardions un peu sur eux.
Comme le ferait un employeur pour une embauche :

Faites des fiches pour vos personnages

N’hésitez-pas à entrer dans les détails, ils vous seront bien utiles, surtout si comme moi vous passez facilement une années pour écrire un roman. Si en plus vous vous attaquez à une série, le risque est grand de rédiger des passages incohérents, non seulement avec les aptitudes physiques (l’âge, la morphologie) de vos personnages, mais aussi avec leurs traits de caractère, leurs habitudes, leurs tenues vestimentaire etc.
Mentionnez aussi le type d’habitat : appartement en haut d’une tour, maison individuelle, etc. ça vous sera utile pour éviter une bévue. Aller si loin peut paraître exagéré, mais, imaginez, que dans une de vos scènes votre héros prend un whisky sur son balcon qui domine la ville, alors qu’il avait tondu sa pelouse, dans la série précédente.
Cela dit, n’allez pas jusqu’au numéro de sécurité sociale (sauf s’il doit être mentionné dans votre manuscrit)

Le manque de cohésion peut porter sur n’importe quel détail : Imaginez un personnage décrit comme très posé au début du roman, qui après plusieurs chapitre sort de ses gonds pour un oui, pour un non. Ou encore un pantouflard qui fait une rencontre en sortant de la salle de sport qu’il fréquente trois fois par semaine. Un dernier exemple : Dans l’esprit du lecteur le héros est toujours vêtu d’un jean et t-shirt et vous écrivez qu’il a sali son costume en montant la roue de secours de son véhicule.
Après quelques mois d’écriture, certains détails des protagonistes peuvent vous échapper, mais un lecteur ne mettra que quelques jours, ou quelques heures avant d’arriver à ces situations antinomiques .
Cela dit, pour un quidam qui ne fera qu’une apparition dans votre livre, il est inutile de faire une fiche.

Ordre d’écriture d’un roman

Je serais tenté de dire qu’il n’y a pas de méthode type. Une fois que les différents chapitres ont pris corps, on peu ajouter des passages, naviguer d’un chapitre à l’autre en fonction de l’inspiration du moment, modifier (en restant cohérent avec ce qui est déjà écrit) . D’autres préfèrent commencer par le début et développer jusqu’au chapitre final. Chaque écrivain a sa méthode.

Maintenant, à vos plumes. Je relève bientôt les copies pense que nous avons fait le tour du schéma narratif.